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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 14:50

 

                                           Kamchatka - Koriaksky-Petropavlosk2 Le volcan Koriaksky proche de Petropavlosk (Kamchatka)

- H.Gaudru - 1992

 

Introduction 

 

Chaque année,  de nombreux volcans dans le Monde connaissent une éruption. Les plus grandes d’entre-elles, lorsqu’elles surviennent dans les zones habitées, mettent en danger la vie des populations et causent d’importants dommages aux infrastructures et aux cultures.

Cependant comparées à d’autres catastrophes naturelles, telles les séismes, les inondations ou encore les grandes sécheresses, le potentiel destructif global des éruptions volcaniques est généralement moindre. En outre, la plupart des éruptions, par leur nature, ne présente pas de danger particulier pour les êtres vivants aux abords des volcans.

  

Les différents risques volcaniques :

 

1)      Les coulées de lave – Ce type de phénomène, bien que spectaculaire, est l’un moins dangereux pour les vies humaines que pour les bâtiments, les infrastructures, les voies de communication, etc… Du fait que le chemin d’épanchement probable peut être plus ou moins prédit, des mesures de diversion de coulées peuvent être envisagées. Cependant de telles mesures ne sont pas obligatoirement un gage de succès. Les laves les plus visqueuses avancent souvent lentement et sur de courtes distances et ont tendance à s’empiler au-dessus de la bouche éruptive pour former un dôme de lave. De tels dômes peuvent s’effondrer de manière répétitive et générer de dangereuses avalanches de blocs chauds, des coulées cendreuses, et des blasts.

 

2)      Les gaz – La libération des gaz peut s’effectuer pendant une éruption mais également en période non-éruptive. Certains des gaz émis par les volcans peuvent être mortels en cas de fortes concentrations. Le temps de réaction disponible pour déclencher une alerte rapide est très court, et des études intensives de ce type de phénomène avec en addition des instruments de surveillance permanente des zones à risque s’avèrent absolument nécessaire pour tenter de limiter les risques.

 

3)      Les chutes de cendres – Les cendres qui retombent au cours d’une éruption ne mettent pas directement et immédiatement en danger les vies humaines, bien que l’effondrement de toitures sous le poids de ces produits volcaniques puisse survenir. Cependant, de considérables dommages peuvent être causés à l’agriculture locale et aux industries, même à des distances de plusieurs dizaines de kilomètres du volcan.

 

4)      Les coulées pyroclastiques – Ce type de coulées et les surges de faible densité qui leur sont souvent associés représentent le danger volcanique majeur pour les populations vivants à proximité. Du fait que ces coulées pyroclastiques, qui peuvent atteindre parfois des températures de près de 800°C , s’épanchent à des vitesse de plusieurs centaines de km/h, les systèmes d’alerte rapide efficaces pour ce type de phénomène s’avèrent pratiquement impossible. Des situations encore plus dangereuses peuvent se développer si ces coulées pyroclastiques surviennent sur des volcans enneigés ou couvert de glaciers, en causant la fonte brutale de ces matériaux.

 

5)      Les lahars (coulées de débris et boue volcanique) – Ce type de phénomène est également un danger majeur pour les habitants, les terrains agricoles et les zones urbanisées. Les lahars peuvent s’écouler rapidement et leur pouvoir de destruction est considérable. Ils peuvent survenir comme une conséquence directe d’une éruption volcanique, en présence par exemple d’un lac de cratère, ou comme un événement secondaire résultant d’une forte pluie pendant ou après l’éruption. Les habitants des zones les plus éloignées peuvent néanmoins être avertis  plusieurs heures en avance. La présence d’appareils de surveillance et d’alerte sur les volcans à risque n’est cependant pas une garantie totale de sécurité au regard de ce type d’événement.

 

6)      Les avalanches de débris – L’effondrement de larges parties d’un édifice volcanique peut occasionner des avalanches de débris d’un volume très important. Ces avalanches sont très mobiles et peuvent non seulement ensevelir des surfaces de terrain considérables, mais également être à l’origine de raz de marée (tsunami) dévastateurs si elles se déversent dans un lac ou dans l’océan.

 

On considère en général que plus un volcan a été longtemps inactif, plus sa prochaine éruption peut être explosive et le volume de matériaux important. Les longues périodes de sommeil sont assez caractéristiques pour beaucoup de volcans. Il est donc souvent difficile de dire quand un volcan est vraiment « éteint » car certains d’entre eux ne redeviennent actifs qu’après des centaines voire des milliers d’années. Les volcans considérés à haut-risque sont principalement ceux qui entrent en éruption une ou plusieurs fois par décennie, qui sont encore peu connus ou pas assez surveillés, et qui sont entourés par une densité de population importante.

 

Les dommages et les risques pour la vie des hommes, les structures sociales, les infrastructures et les propriétés peuvent être induits non seulement par les effets directs des éruptions mais aussi par des phénomènes secondaires comme  les tsunamis, mais également les composants des cendres volcaniques (soufre, fluorine...), les panaches et aérosols issus des volcans et qui sont susceptibles de causer des problèmes pour l’aviation comme l’a démontré la récente éruption de l’Eyjafjallajokull en Islande en 2010. Si les aérosols émis lors de larges éruptions volcaniques s’élèvent à haute altitude il peuvent tourner autour de la Terre pendant plusieurs années. Ces émissions de  volumineuses quantités de dioxyde de soufre et d’halogènes dans la stratosphère peuvent mener à une baisse de température à la surface de la Terre.

 

L’arsenal des méthodes permettant d’étudier et d’ausculter un volcan est de plus en plus développé et de nos jours la volcanologie dispose d’outils technologiques qui peuvent, associés à l’établissement de cartes de risques et à la prévention par l'éducation et la sensibilisation des populations,  être en mesure de réduire les conséquences de la plupart de ces phénomènes volcaniques.

 

HENRY GAUDRU - 2011

 

 

moi - unisdr press meetingHenry Gaudru - Président de la SVE - Conseiller scientifique auprès des Nations Unies pour l'atténuation des risques volcaniques UNISDR - Commission Internationale pour l'atténuation des risques volcaniques IAVCEI -  Commission Cities and Volcanoes - EGU member  - Photo Conférence de presse aux Nations Unies durant l'éruption de l'Eyjafjallajokull en avril 2010 -                                  

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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 15:52

L'HOMME  FACE AUX RISQUES VOLCANIQUES

 

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Cameroun-coul-e-avril-99.jpg                

   


     







     Mont Cameroun - Eruption 1999 (H.Gaudru)                                         

 

Plusieurs millions de personnes dans le Monde vivent à proximité des volcans. A tous moments la colère meurtrière d'un cône volcanique apparemment paisible peu  transformer les villes et les villages en autant de Pompeï moderne. link

 Environ 50 à 60 volcans entrent en éruption chaque année à travers le monde. Les éruptions les plus importantes mettent en danger la vie et  détruisent les zones de peuplement. Les volcans les plus dangereux se trouvent  en grande majorité dans les pays du tiers monde comme le montre le nombre de victimes depuis l'an 1600.  Dans ces régions, les éruptions sont particulièrement explosives et présentent un risque accru à cause de la densité de population et le regroupement des infrastructures autour de volcans potentiellement actifs.

 

L'atténuation des risques volcaniques est possible, mais elle nécessite la combinaison de nombreux éléments  et notamment :

 

-  La prévision scientifique

-  La capacité de décision des autorités

-  La prise de conscience des populations

 

1) L'aspect scientifique

 

Une bonne connaissance scientifique du phénomène éruptif et de ses diverses manifestations et une bonne connaissance de l'histoire du volcan comptent parmi les critères primordiaux afin d'envisager les types d'activité possibles et l'extension possible du phénomène et pouvoir évaluer le risque pour telle ou telle zone autour du volcan.

 

2) L'aspect politique

 

Le second acteur indispensable pour une réduction des risques volcaniques c'est l'autorité politique locale et nationale.  En fonction des cartes de risques  établies par les scientifiques, des informations communiquées, elle doit appliquer des mesures de prévention, édifier d'éventuels ouvrages de protection et prévoir des plans d'évacuation en cas d'extrême nécessité.

 

3) L'aspect social et humain

 

L'atténuation du risque volcanique passe également par une prise de conscience des populations susceptibles d'être menacées l'activité volcanique. Pour cela il est nécessaire de développer la communication entre les scientifiques, les autorités et le public afin de sensibiliser les populations aux dangers volcaniques qui peuvent  se produire. Eduquer les autorités et informer les communautés.

 

La combinaison de ces éléments paraît indispensable pour limiter au maximum les risques volcaniques.

Dans la réalité ceci ne va pas toujours sans poser de grands problèmes et le premier challenge dans le domaine de la réduction des risques volcaniques est donc de  faire passer le message entre les composantes scientifiques, politiques, économiques, sociales et humaines. Il arrive encore parfois que par manque de connaissance, l'un des groupes considérés ne perçoit pas le risque à sa juste mesure et "brise" l'indispensable connexion entre les acteurs.

 

QUESTIONS ET REPONSES

 

Dans le domaine de la gestion du risque volcanique de nombreuses questions se posent aux différents acteurs concernés. Avant, pendant et après la crise, chacun des responsables doit pouvoir répondre à l'attente des populations de la manière la plus claire et la plus précise possible.  Parmi ces questions importantes :

 

A) Comment détecter les précurseurs et les interpréter de manière à envisager l'évolution de l'activité ?

 

Le développement des méthodes pour prédire les éruptions volcaniques est extrêmement important. La détection des précurseurs est d'autant plus certaine si le volcan est bien surveillé et bien instrumenté. La présence d'un observatoire permanent est un moyen important dans ce domaine. Les éruptions volcaniques sont souvent annoncées plusieurs années, plusieurs mois, plusieurs jours à l'avance par l'apparition de séismes qui s'accroissent peu à peu avant le commencement de la phase éruptive et qui signalent la remontée du magma vers la surface. La lente ascension du magma peut être mesurée par des instruments géodésiques moderne, notamment la déformation du sol. La température des émissions fumerolliennes et le changement de leur composition isotopique peuvent également fournir des informations importantes (géochimie).

Dans la première phase de détection des signes précurseurs, il est difficile de savoir exactement si ceux-ci iront en augmentant ou non et donc si la situation est susceptible d'évoluer dangereusement. L'aspect économique n'étant pas un des moindre, dans ce cas quelles sortes d'équipements scientifiques faut-il installer ?, combien de temps faut-il consacrer à ce volcan en particulier dont rien ne prouve au début que cela aboutira à une éruption pouvant mettre en péril des populations ?

Mais si  rien n'est fait, il y a un risque que le volcan entre en éruption sans que l'alerte puisse être donnée et dans ce cas les scientifiques auront failli à leur travail.

 

B) Quand l'éruption commencera t-elle ?

 

La prédiction d'une éruption est souvent possible lorsque les signes précurseurs augmentent de façon régulière et exponentielle. Dans la grande majorité des cas,  une éruption se produit, mais pas toujours obligatoirement. Certaines formes d'activités volcaniques se produisent sans précurseurs. Pour tenter d'appréhender au mieux le début d'une éruption il est nécessaire ici d'avoir un maximum de données dans un temps le plus court possible. Parfois, pour des raisons diverses, les scientifiques préfèrent encore "ruminer" lentement leur propre données de façon méthodique et dans la tranquillité de leur laboratoire ; toutefois en cas de crise, les données recueillies par tel ou tel scientifique doivent pouvoir être examinées par l'équipe en charge le plus rapidement possible. 

 

C) Quelle forme d'activité prendra l'éruption ?

 

Grâce au progrès de la volcanologie il est maintenant possible  d'estimer la probabilité l'extension et la magnitude de chaque type d'éruption, (coulée de lave, retombées, coulées pyroclastiques, etc...) mais il est encore souvent difficile de pouvoir avec exactitude réaliser une prédiction du type et de la magnitude d'une éruption imminente spécifique. En sachant cela, les scientifiques doivent-ils faire part du scénario le pire pouvant se produire ou restreindre l'information auprès des autorités et du public pour éviter des conséquences locales humaines et économiques  indésirables (pertes de travail, suspension des polices d'assurance, panique, etc...)

 

D) Si une éruption est déjà commencée, ira-t-elle en augmentant ou en diminuant ?

 

Au vu des connaissances actuelles et de l'expérience acquise au cours des 30 dernières années, il est globalement possible d'envisager l'évolution probable de tels ou tels types d'éruptions. Dans le détail cependant, il demeure encore parfois extrêmement difficile d'interpréter sans erreur possible les différents paramètres souvent complexes relevés au cours d'une éruption volcanique.

Quand la probabilité d'un accroissement de l'éruption s'avère importante, les scientifiques doivent prévenir les autorités (ni trop tôt...ni trop tard) avec toujours le risque de déclencher une fausse alerte.

Lorsque l'alerte est donnée par les scientifiques, on peut se heurter parfois au scepticisme des autorités et plus généralement à l'incrédulité des populations :

 

"IMPOSSIBLE CELA NE PEUT PAS NOUS ARRIVER" est une phrase que j’ai souvent entendue, car les catastrophes n'arrivent qu'aux autres, c'est bien connu.

 

On peut également se heurter au scepticisme ou à la pression d'intérêts économiques locaux. Certains officiels ne délivrant pas à temps le message d'alerte des scientifiques. Dans cette situation, faut-il continuer à travailler avec les services officiels ou bien les court-circuiter en informant directement le public ?

Si les autorités reçoivent le message, la prochaine question d'importance qui se pose concerne à la fois les scientifiques et les autorités

 

E) Evacuer ou ne pas évacuer ?

 

La décision d'évacuer une population nécessite un diagnostic rapide et sûr qu'il est souvent difficile de formuler. Une décision comme celle-ci dépasse le cadre strictement scientifique et pose des problèmes humains, sociaux, économiques et politiques.

Les autorités politiques en charge d'organiser l'évacuation des populations sur avis des scientifiques doivent avoir une réponse claire et nette de leur part.

 

F) S'il y a plusieurs réponses des scientifiques, que devons nous penser ?  disent les responsables

 

Il est indispensable en effet que les scientifiques parlent d'une seule et même voix pour ne pas que les autorités se pose cette question.  Il faut donc qu'il y ait un consensus. Cependant celui-ci n'est pas toujours possible, notamment pendant les crises où chacun est sous la pression  du temps. Faut-il que le responsable scientifique attende pour obtenir ce consensus ou bien informer les autorités avant celui-ci  et décrire les hypothèses envisagées par chacun  avec le risque de voir la crédibilité diminuer.

S'il y a consensus, il est nécessaire d'exprimer de façon simple et claire aux autorités pas forcément habitué aux jargons scientifiques les événements susceptibles de se produire et par rapport à cela les mesures qu'ils doivent prendre.

Parmi les décisions des autorités il faut savoir qui, quand et comment avertir les populations et également quels messages envoyer. La réaction des populations est essentielle et c'est pour cela qu'elle passe par une sensibilisation préalable par l'information et la communication.

Après le diagnostic et les mesures qui en découlent, survient une question importante pour les autorités et les populations (notamment si l'évacuation a eu lieu)

 

G) Combien de temps durera l'éruption ?

 

A cette question, il est difficile de répondre d'une manière précise. Selon le volcan ou le type de processus éruptif une éruption volcanique peut durer de quelques jours à quelques mois voire quelques années. Il est donc important pour les scientifiques de suivre l'évolution de l'éruption en intégrant un maximum de paramètres pour tenter de détecter les signes de fin d'activité. Il reste qu'en ce domaine le diagnostic du scientifique devra être prudent malgré les pressions éventuelles des autorités et de la population pressée de revenir chez-elle  après une évacuation.

 

H) Après la fin de l'éruption que se passera-t-il ?

 

Enfin, quand l'éruption se termine, il se produit fréquemment des phénomènes secondaires, qui peuvent être parfois aussi meurtriers et dévastateurs que le paroxysme éruptif. Des phénomènes comme les éboulements de terrain et surtout les lahars sont souvent autant sinon plus meurtriers que l'éruption elle-même. Il est nécessaire ici d'étudier en détail le type, l'étendue et la morphologie des dépôts  afin d'en déduire les éventuels risques pour les populations. Des cartes d'aléas des zones susceptibles d'être touchées en fonction de la topographie et la nature des terrains seront de la plus grande utilité pour les autorités. Une bonne communication entre toutes les parties concernées permettra d'atténuer le risque qu'il y ait de nouvelles victimes après l'éruption.

 


En conclusion

 

Si étudier, prévoir et alerter est la tâche première des scientifiques, il faut également absolument faire l'effort d'éduquer les responsables, les médias et les habitants et s'assurer qu'ils prennent les mesures appropriées. C'est en fonction de tous ces facteurs que l'on pourra vraiment faire le maximum pour atténuer de manière significative les effets des éruptions volcaniques, et sauver ainsi des vies humaines.

Néanmoins il faut aussi savoir accepter par humilité le fait que tout ne peut pas être prévu et que la nature reste, fort heureusement en dernier lieu maîtresse des événements.

                                                                                                                     H.Gaudru©2007

 

 

Henry Gaudru, président de la Société Volcanologique Européenne., membre de la Commission Internationale pour l'atténuation des risques volcaniques (IAVCEI) – Cities in Volcanoes Commission.

Conseiller scientifique auprès des Nations Unies pour la réduction des risques volcaniques (UNISDR)

 

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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 14:15

AMELIORER LA PREVENTION EN MATIERE DE RISQUE VOLCANIQUE

 

Quelques éléments à prendre en compte pour une meilleure prévention

 

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                                         Cap-Vert-Fogo-copie-1.jpg

                                                    













Eruption du volcan Fogo - Cap-Vert - avril 1995 - H.Gaudru



1 - Considérer les caractéristiques physiques des risques volcaniques

Les volcans présentent une grande variété de dynamismes éruptifs et peuvent donc générer de nombreux types de risque volcaniques. Cette grande variété de danger se présente avec des caractères physiques différents, ils peuvent affecter des zones diverses et se produire avec des fréquences différentes. A partir de ces considérations il est important que les cartes de risques intègrent les différentes menaces potentielles, les zones susceptibles d’être touchées et la probabilité d’occurrence de chacun des types de risque.

 

2 - Développement de scénarios

Le but principal de création de scénarios est d’envisager les magnitudes probables des éruptions et les risques associés avec la vulnérabilité des différents secteurs de la communauté et les conséquences de ces dangers. Le développement de ces scénarios doit impliquer les expertises des volcanologues, les planificateurs, les experts de la santé, les ingénieurs, les législateurs, les services sociaux et de secours d’urgence afin d’être certain que l’évaluation des risques englobe tous les secteurs de la société

 

3 - La vulnérabilité des édifices et autres infrastructures

Les vulnérabilités liées aux nombreux types de phénomènes doivent être considérées. Elles inclus naturellement les hommes, mais aussi les bâtiments, les voies de communications, agriculture et les autres secteurs d’activité économique. Outre les bâtiments, les routes, les voies ferrées, les réseaux de télécommunications, les canalisations de gaz et d’eau et les systèmes de distribution d’électricité apparaissent particulièrement vulnérables en cas d’éruption volcanique ( lahars, coulées de lave, retombées de cendres, coulées pyroclastiques). Contrairement à ce qui se passe dans le domaine des séismes, il n’y a encore que trop peu d’études concernant les vulnérabilités de ces types d’infrastructures

 

4 - Science et Education

Les efforts des volcanologues consistent principalement à essayer de comprendre comment le volcan fonctionne, quel est son comportement courant, et comment son activité est susceptible d’évoluer. Le développement de nouvelles méthodes de surveillance est donc extrêmement important pour prédire une éruption et permettre de déclencher une alerte rapide. Un volcanologue doit interpréter l’activité du volcan afin que le société puisse se préparer à répondre de manière adaptée et permettre d’éviter au maximum les pertes humaines et de limiter les impacts sociaux - économiques. Pour ce faire, les scientifiques, en collaboration avec les autorités locales et nationales doivent également promouvoir l’éducation des populations au sujet des risques volcaniques. Grâce à une meilleure compréhension des risques potentiels en cas d’éruption, les populations habitants autour des volcans vivraient avec moins de crainte. Dans l’idéal, une conséquence directe de cette éducation serait que les gens eux- mêmes reconnaissent le besoin d’adopter des mesures pour limiter les risques.

Henry Gaudru, conseiller scientifique auprès des Nations Unies (UNISDR) pour la réduction des risques volcaniques. (Genève - Suisse)


                                                                   

                                

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                                       Dialogue avec les populations lors de l'éruption du
                                    Mont Cameroun en 1999 - H. Gaudru - Mission UNISDR



 

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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 11:57

Les systèmes d’alerte précoce

 De nos jours, il existe beaucoup de systèmes techniques qui permettent de déclencher des alertes pour un grand nombre de risques naturels dont ceux liés à l’activité volcanique. Cependant, le problème fréquent qui survient est le faible lien entre la capacité technique à déclencher une alerte et la capacité du public  à répondre d’une manière effective à cette alerte.  Par exemple, la capacité de l’alerte à déclencher une réponse appropriée des agences chargées de la gestion de l’urgence, des différentes organisations de la communauté concernée elle-même et le public au sens large du terme.

 En outre, la compréhension par le public et la communauté des risques auxquels ils sont exposés manque souvent. Par conséquent des programmes de préparation, comme des planifications des terres et des zones urbaines, l’éducation du public et des programmes de sensibilisation s’avèrent  nécessaires pour améliorer l’efficacité des réponses en cas de crise.

Il faut aussi prendre en considération le fait que beaucoup de pays en voie de développement, en particulier les moins développer d’entre eux, ont des capacités limitées pour mettre en œuvre des systèmes d’alerte précoce efficaces et dans quelques cas ils sont même totalement absents. Une condition majeure pour améliorer cet état de fait est de développer des moyens au niveau national intégrant la réduction des risques, des capacités pour la gestion de ce risque et d’améliorer les équipement techniques parallèlement à des programmes de formation et d’entraînement des populations. Une collaboration scientifique et technique avec des organisations et des instituts de recherches des pays développées peut aider d’une manière importante au développement du système global d’alerte précoce pour les volcans.

Un système complet et efficace de système d’alerte précoce en direction des populations doit comprendre l’interaction de quatre éléments, la connaissance d’ensemble des risques et de la vulnérabilité au travers de l’état de préparation et de la capacité de réponse. Une faiblesse ou un défaut dans chacun de ces quatre éléments peut causer un échec du système dans son ensemble.

Connaissance du risque

 Connaissances déjà acquises par la communauté

Les aléas et la vulnérabilité sont ils bien connus ?

Quelles sont les caractéristiques et tendances pour ces facteurs ?

Les cartes de risque et les données sont-elles largement disponibles ?

 

 

Service d’alerte

 Surveillance technique et service d’alerte

Les bons paramètres sont-ils bien surveillés ?

Les bases scientifiques sont-elles suffisantes pour faire des prévisions ?

Peut-on déclencher des alertes fiables et suffisamment à temps ?

 

 

Diffusion de l’information

Diffusion d’alerte compréhensible aux populations

L’alarme peut-elle atteindre rapidement les populations menacées ?

 Les populations peuvent-elles comprendre les messages d’alerte ?

Ces messages contiennent-ils des informations appropriées et utiles ?

 

 

Capacité de réponse

Connaissance et préparation des personnes menacées leur permettant de réagir

Les communautés connaissent-elles leurs risques ?

La population fait-elle confiance au service d’alerte ?

Savent-elles comment réagir ?

Les plans sont-ils à jour et testés ?

 

 

    Les quatre éléments-questions d’un système d’alerte précoce centré sur les populations

 (Henry Gaudru – SVE-UNISDR) - 2006

 

 

 

 

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Mardi 28 novembre 2006 2 28 /11 /Nov /2006 16:31

Volcanologie, éthique et médias

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 Depuis quelques années, les éruptions volcaniques attirent de plus en plus de monde. S’il faut se féliciter de cet intérêt pour notre science, ceci ne va pas sans créer de nouveau problème pour les équipes scientifiques qui travaillent dans les observatoires ou les équipes qui étudient les volcans. Si dans la grande majorité des cas, les personnels des observatoires ou des organismes de recherche se montrent accueillant aux visiteurs de passage, en cas de crise ces visiteurs impromptus peuvent être la source de complications. Entre les scientifiques extérieurs qui viennent observer ou étudier l’éruption pour leur propre compte, le jeune géologue ou étudiant qui croit avoir  trouver une nouvelle méthode « géniale », ou le pseudo-scientifique qui veut faire parler de lui dans les médias, les équipes en place sont confrontées a tout ce monde et doivent faire face à des situations qui les gênent souvent pendant les phases de crises aiguës.

 Au cours d’une crise volcanique, aussi bien intentionné soit-il, un scientifique non-invité peut être plus un fardeau qu’une aide. En premier lieu, l’équipe scientifique en place peut se sentir obligé de partager son temps et ses ressources logistiques et en second lieu, un visiteur peut par inadvertance ou par choix diminuer la crédibilité des scientifiques en place. Du fait de la présence de visiteurs étrangers lors d’une crise, cela peut laisser sous-entendre aux officiels, aux médias ou aux institution scientifique du pays, que l’équipe sur le terrain manque de compétence - ou de moyen – Certains de ces scientifiques de passage demandent même parfois une assistance pour leur proche travail non-demandé, ou pire encore,  s’exprime publiquement et en contradiction avec l’équipe en place. Avec les moyens modernes de communication ( téléphone, fax, emails ), il n’y a aucune excuse pour se rendre sur un volcan en crise sans y être préalablement invité.

 Quelquefois, des jeunes collègues bien intentionnés mais un peu naïfs qui travaillent dans d’autres secteurs de la Science  « découvrent » selon eux, une « importante et nouvelle méthode » pour prédire les éruptions et présentent leur idée directement aux autorités locales et/ou aux médias. En agissant ainsi, ils ne se rendent pas compte de l’impact négatif qu’une telle intervention peut avoir. Une conduite responsable serait de présenter  préalablement « l’idée » à la communauté scientifique  afin quelle soit étudiée de manière rigoureuse.

 Parfois, également, des scientifiques qui travaillent, notamment, en utilisant seulement les données de la surveillance à distance des volcans (remote sensing) ne résistent pas aux sirènes de l’exposition médiatique en lançant des messages d’alerte prématurés sans tenir compte des autres volcanologues sur le terrain. Même si souvent ces déclarations  sont générées par la sollicitation pressante des médias qui recherchent « l’événement » elles causent souvent  au minimum des pertes de temps pour l’équipe en charge du volcan et au pire une perte de crédibilité pour tous les scientifiques.

 Les crises volcaniques attirent aussi, très souvent, de pseudo-scientifiques, quelques-uns bien  intentionnés et quelques parfaits charlatans.  Ceux-ci refusent habituellement de passer leurs méthodes et leurs avertissements au travers du filtre de la rigueur pour qu’ils soient examinés. Si leurs alertes ou prévisions sont propagées par les médias, ils peuvent sérieusement  induire en erreur les officiels et le public et prendre beaucoup de temps pour les corriger.

 La plupart du temps les « alertes et prévisions » émises par ces pseudo scientifiques sont au mieux ignorées, mais parfois elles peuvent être à l’origine d’une grande anxiété chez les populations notamment lorsque l’auteur de ces « prédictions  » utilisent les journaux et les autres médias pour attirer l’attention. Dans ce cas une grande confusion du public peut naître d’un débat personnalisé par presse interposée, et il est préférable pour les véritables volcanologues de s’attaquer au contenu des ces prédictions et de les réfuter point par point avec des arguments scientifiques.

 Dans ce domaine, il faut toujours garder à l’esprit que la « renommée » médiatique ne rime pas obligatoirement avec la compétence et que même l’habit ne fait pas toujours le volcanologue.

 

Volcanologie et médias

 

 

 Du fait de son aspect spectaculaire, la volcanologie est l’une des sciences les plus médiatisées. Depuis quelques années, les émissions et les documentaires sur ce sujet sont de plus en plus nombreux. Malheureusement quantité ne rime pas forcément avec qualité et trop souvent ces programmes présentent une vision déformée voir fausse de la volcanologie.

 La mise en image de la volcanologie par la télévision influence beaucoup la perception du public sur la manière que travaille la majorité des volcanologues. Comme naturellement la télévision est avant tout un spectacle qui doit faire de l’audience, les maisons de productions et les chaînes mettent souvent l’accent sur le côté spectaculaire du volcanisme. Autant un bon documentaire télévisuel peut être une contribution remarquable pour la science, un mauvais film peut saper les efforts de la communauté scientifique dans ce domaine. Trop souvent les programmes focalisent sur des personnes plus ou moins en marge de la communauté scientifique qui choisissent soit de mettre leur vie en danger en s’approchant des zones actives sans nécessité ou de se mettre en scène lors d’éruptions intenses pour apparaître comme des « héros » modernes. Cela donne naturellement des films spectaculaires, mais certainement pas une vision réaliste de ce que vivent et font la majorité des professionnels. La mort de nombreux volcanologues au cours de la dernière décennie a sensibilisé les scientifiques aux mesures de sécurité et des efforts considérables ont été fait pour décourager ces attitudes irresponsables. La culture et la pratique de la volcanologie moderne sont à l’antithèse de l’image du casse-cou donné par ce type de programme. L’incorporation de personnalités marginales est quelque chose d’assez courant dans les émissions dites « scientifiques. Ceci reflète le fait que les « faiseurs de programme » ne savent nécessairement pas faire la discrimination entre le vrai et le pseudo-scientifique et la bonne et la mauvaise science. Naturellement une personnalité au fort charisme peut faire une bonne émission de télévision, même si l’aspect scientifique est faible ou erroné, mais elle peut également et surtout donner une image fausse de la volcanologie.

 Un autre problème provient du fait qu’après avoir  sollicité la contribution d’un ou de plusieurs scientifiques pour le programme, la maison de production ou la chaîne de télévision réalise seule le produit fini. Le volcanologue ou les volcanologues perdent entièrement le contrôle du documentaire, et souvent le film monté contient des commentaires avec du sensationnel ou du dramatiques largement exagéré  ne correspondant pas aux explications fournies initialement par eux.  Outre le fait que le film donne une image fausse de la volcanologie, les scientifiques qui auront collaboré à ce film seront critiqués voir même perdront leur crédibilité aux yeux de leurs collègues.

 Il  serait souhaitable dans ce domaine que l’on puisse envisager un genre de contrat qui stipulerait que le scientifique gardera un droit de regard sur le programme jusqu’avant sa diffusion et aura la possibilité de retirer sa contribution en cas de désaccord.

 Une autre possibilité serait d’encourager les scientifiques à travailler directement avec les maisons de productions, voire même de monter des productions entre les organisations scientifiques et les chaînes de télévision.

 A une époque où expliquer la science aux grand public est une priorité majeure, la télévision est un des médias clés et les volcanologues devraient s’impliquer beaucoup plus dans l’avenir afin que cette science apparaisse dans toute son importance et sa vérité pour éviter les dérapages des années passées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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