Le volcan Koriaksky proche de Petropavlosk (Kamchatka)
- H.Gaudru - 1992
Introduction
Chaque année, de nombreux volcans dans le Monde connaissent une éruption. Les plus grandes d’entre-elles, lorsqu’elles surviennent dans les zones habitées, mettent en danger la vie des populations et causent d’importants dommages aux infrastructures et aux cultures.
Cependant comparées à d’autres catastrophes naturelles, telles les séismes, les inondations ou encore les grandes sécheresses, le potentiel destructif global des éruptions volcaniques est généralement moindre. En outre, la plupart des éruptions, par leur nature, ne présente pas de danger particulier pour les êtres vivants aux abords des volcans.
Les différents risques volcaniques :
1) Les coulées de lave – Ce type de phénomène, bien que spectaculaire, est l’un moins dangereux pour les vies humaines que pour les bâtiments, les infrastructures, les voies de communication, etc… Du fait que le chemin d’épanchement probable peut être plus ou moins prédit, des mesures de diversion de coulées peuvent être envisagées. Cependant de telles mesures ne sont pas obligatoirement un gage de succès. Les laves les plus visqueuses avancent souvent lentement et sur de courtes distances et ont tendance à s’empiler au-dessus de la bouche éruptive pour former un dôme de lave. De tels dômes peuvent s’effondrer de manière répétitive et générer de dangereuses avalanches de blocs chauds, des coulées cendreuses, et des blasts.
2) Les gaz – La libération des gaz peut s’effectuer pendant une éruption mais également en période non-éruptive. Certains des gaz émis par les volcans peuvent être mortels en cas de fortes concentrations. Le temps de réaction disponible pour déclencher une alerte rapide est très court, et des études intensives de ce type de phénomène avec en addition des instruments de surveillance permanente des zones à risque s’avèrent absolument nécessaire pour tenter de limiter les risques.
3) Les chutes de cendres – Les cendres qui retombent au cours d’une éruption ne mettent pas directement et immédiatement en danger les vies humaines, bien que l’effondrement de toitures sous le poids de ces produits volcaniques puisse survenir. Cependant, de considérables dommages peuvent être causés à l’agriculture locale et aux industries, même à des distances de plusieurs dizaines de kilomètres du volcan.
4) Les coulées pyroclastiques – Ce type de coulées et les surges de faible densité qui leur sont souvent associés représentent le danger volcanique majeur pour les populations vivants à proximité. Du fait que ces coulées pyroclastiques, qui peuvent atteindre parfois des températures de près de 800°C , s’épanchent à des vitesse de plusieurs centaines de km/h, les systèmes d’alerte rapide efficaces pour ce type de phénomène s’avèrent pratiquement impossible. Des situations encore plus dangereuses peuvent se développer si ces coulées pyroclastiques surviennent sur des volcans enneigés ou couvert de glaciers, en causant la fonte brutale de ces matériaux.
5) Les lahars (coulées de débris et boue volcanique) – Ce type de phénomène est également un danger majeur pour les habitants, les terrains agricoles et les zones urbanisées. Les lahars peuvent s’écouler rapidement et leur pouvoir de destruction est considérable. Ils peuvent survenir comme une conséquence directe d’une éruption volcanique, en présence par exemple d’un lac de cratère, ou comme un événement secondaire résultant d’une forte pluie pendant ou après l’éruption. Les habitants des zones les plus éloignées peuvent néanmoins être avertis plusieurs heures en avance. La présence d’appareils de surveillance et d’alerte sur les volcans à risque n’est cependant pas une garantie totale de sécurité au regard de ce type d’événement.
6) Les avalanches de débris – L’effondrement de larges parties d’un édifice volcanique peut occasionner des avalanches de débris d’un volume très important. Ces avalanches sont très mobiles et peuvent non seulement ensevelir des surfaces de terrain considérables, mais également être à l’origine de raz de marée (tsunami) dévastateurs si elles se déversent dans un lac ou dans l’océan.
On considère en général que plus un volcan a été longtemps inactif, plus sa prochaine éruption peut être explosive et le volume de matériaux important. Les longues périodes de sommeil sont assez caractéristiques pour beaucoup de volcans. Il est donc souvent difficile de dire quand un volcan est vraiment « éteint » car certains d’entre eux ne redeviennent actifs qu’après des centaines voire des milliers d’années. Les volcans considérés à haut-risque sont principalement ceux qui entrent en éruption une ou plusieurs fois par décennie, qui sont encore peu connus ou pas assez surveillés, et qui sont entourés par une densité de population importante.
Les dommages et les risques pour la vie des hommes, les structures sociales, les infrastructures et les propriétés peuvent être induits non seulement par les effets directs des éruptions mais aussi par des phénomènes secondaires comme les tsunamis, mais également les composants des cendres volcaniques (soufre, fluorine...), les panaches et aérosols issus des volcans et qui sont susceptibles de causer des problèmes pour l’aviation comme l’a démontré la récente éruption de l’Eyjafjallajokull en Islande en 2010. Si les aérosols émis lors de larges éruptions volcaniques s’élèvent à haute altitude il peuvent tourner autour de la Terre pendant plusieurs années. Ces émissions de volumineuses quantités de dioxyde de soufre et d’halogènes dans la stratosphère peuvent mener à une baisse de température à la surface de la Terre.
L’arsenal des méthodes permettant d’étudier et d’ausculter un volcan est de plus en plus développé et de nos jours la volcanologie dispose d’outils technologiques qui peuvent, associés à l’établissement de cartes de risques et à la prévention par l'éducation et la sensibilisation des populations, être en mesure de réduire les conséquences de la plupart de ces phénomènes volcaniques.
HENRY GAUDRU - 2011
Henry Gaudru - Président de la
SVE - Conseiller scientifique auprès des Nations Unies pour l'atténuation des risques volcaniques UNISDR - Commission Internationale pour l'atténuation des risques volcaniques IAVCEI
- Commission Cities and Volcanoes - EGU member - Photo Conférence de presse aux Nations Unies durant l'éruption de l'Eyjafjallajokull en avril 2010
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Henry Gaudru, président de la Société Volcanologique Européenne., membre de la Commission Internationale pour
l'atténuation des risques volcaniques (IAVCEI) – Cities in Volcanoes Commission.